MADA QUARTZ

A LA RECHERCHE DE MINERAUX A MADAGASCAR, TOURMALINE, QUARTZ A INCLUSIONS, BERYL, AMETHYSTE, ... EN BROUSSE !

CARNET DE ROUTE

LAC ALAOTRA, novembre 2008
 
Page d'accueil    
LAC ALAOTRA, novembre 2008

Fin Novembre 2008 : départ de Tana en solitaire pour une petite tournée d'une semaine dans la région d'Ambatondrazaka/Lac Alaotra. La route serpente vers l'Est tout d'abord entre les rizières et les collines des Hauts Plateaux puis vient la zone plus montagneuse de Mandraka où l'eucalyptus fait place à la forêt secondaire et quelques relicats de la forêt primaire. Au bord de route, quelques vendeurs d'écrevisses et de plantes tropicales, des groupes d'enfants revenant de l'école, et quelques camions en panne ou renversés dans les fossés. Jolie route mais une vigilance de tous les instants est fortement recommandée ! je descends ensuite la falaise sur Anjiro où se trouve une centrale hydro-électrique et où le climat se fait plus chaud et plus humide : nous rentrons dans la zone climatique de l'Est. Nous sommes dans la région Mangoro qui correspond à un fossé d'effondrement orienté Nord Sud,c'est un replat donc fini les virages et j'arrive rapidement à Moramanga. Cette petite ville étape sur la route de Tamatave et d'Ambatondrazaka est en pleine effervescence depuis le démarrage des travaux d'une importante exploitation de Nickel/Cobalt à une vingtaine de kms de là. Une petite "sakafo" et je repars, vers le Nord cette fois-ci en direction du Lac. Au bout de vingt bornes le bitume laisse place à 140 kms de piste assez désagréable. En effet, les premières grosses pluies de novembre ont vite réduit à néant les travaux d'entretien effectués quelques mois auparavant durant la saison sèche, et celle-ci n'est plus qu'une succession de nids de poules, de "tôle ondulée" et de reliefs tourmentés de boue sèchée, tout ceci généreusement parsemé de caillasses. C'est le moment de mettre un son plus "métal" et de pousser le volume plein pot afin de couvrir les couinements et autres geignements de la carrosserie de ma pauvre vieille Toyota qui tressaute entre ces différents accidents du terrain, et de tracer la route sans trop se poser de questions. A mi-chemin, le ciel s'assombrit et un énorme orage me tombe dessus, les éclairs fusent de toute part et une pluie torrentielle s'abat sur le secteur. Je n'y vois plus rien, heureusement j'arrive au village d'Andaingo où l'artère principale s'est transformée en un torrent d'eau et de boue rougeâtre, je vais me boire une ou deux bières dans un épibar en attendant que ça se passe et vingt minutes après c'est reparti. A partir de là la piste est plus souple et moins cahotique, quoique très boueuse et glissante. C'est plus plaisant et je me distrais à foncer dans les flaques, soulevant ainsi des gerbes de liquide chocolateux qui ne tardent pas à entièrement repeindre la Toy en rouge marron. Enfin je parviens au Lac et retrouve le goudron pour la dernière partie du parcours.

Arrivé à Ambatondrazaka, installation au Max hôtel et retrouvailles avec quelques amis et fournisseurs.

 
Le boulot commence vraiment le lendemain, je vais d'abord voir une famille qui collecte sur la partie Nord Est du Lac des Quartz fumés à bulles d'eau. Ceux-ci semblent provenir d'un gisement élluvionnaire puisque quasiment tous roulés mais gardants encore assez bien leur forme sceptrée ou cathédrale d'origine. J'en achète un bon lot dont fait partie cette pièce sceptrée de 14 kg. Le polissage révélera de nombreux niveaux d'eau et signes de croissance, et ce gros bébé trouvera acquéreur à Tucson quelques temps après.
Je poursuis ma tournée et rend visite à une exploitante minière avec qui je travaille en partenariat depuis plusieurs années. Quelques petits filons de Quartz de la région sont travaillés sporadiquement et fournissent de jolis petits sceptres améthysés et, plus récemment, quelques lots de macles du Japon ressemblant tout à fait à ceux du Nord d'Andilamena. Mais les filons y sont assez étroits et irréguliers, les poches à cristaux sont petites et on ne peut pas compter trouver de grosses pièces ou de grosses quantités.
 
 

Après quelques transactions et palabres nous convenons d'un rendez-vous le lendemain pour aller à la mine de tourmaline noire.

je fais encore quelques visites et vois de belles choses, notament quelques quartz fumés très brillants à rutiles dorés sur feldspath roses, mais en échantillons uniquement...C'est le problème ici : les démarcheurs du coin ne font qu'attendre les paysans le jour du marché et leur soutirent à bas prix les quelques minéraux que ceux-ci trouvent dans leurs montagnes, ce qui ne les encourage guère à approfondir les recherches.

Petite soirée sympathique à Ambato, qui est une ville assez bonne à vivre et qui repose de la pollution et de la surpopulation tananarivienne. Rue de la gare c'est animé sur les terrasses des bars à brochettes, notamment chez Be Naina qui fait souvent le voyage à Tamatave et en ramène toutes sortes de fruits de mer. De plus son rhum gingembre est plus que correct...Ensuite au restaurant le Soleil chez l'ami Martial qui me tient au courant de tous les croustillants faits divers régionaux... Bon, c'est pas tout mais on a de la brousse à se faire demain, donc une dernière étape chez Rado et au lit...

Départ matinal le lendemain, nous avons de la marche à faire et la pluie arrive assez tôt dans l'après midi. nous prenons au Nord direction Imerimandroso et bifurquons vers l'Est par une petite piste qui parvient au village d'Antandromkomby. Nous laissons là la Toy et marchons une heure et demie dans les collines pour arriver à la mine.

 

 

En chemin je constate que d'année en année les petites colonisations agricoles se sont multipliées dans le coin, preuve d'une saturation au niveau des plaines, et que les quelques derniers arbres ont disparus, à part un petit massif de manguiers surveillé par un gardien au moment où ils donnent les fruits !

un ruisseau a été détourné pour irriguer une petite parcelle de rizières en terrasses, les cacahouètes et le maïs sont cultivés sur les pentes et la tomate sur les terrasses alluviales.

 
Arrivés à la mine et petit bilan des travaux de l'année avec la patronne. Sur la partie Est un décapage et deux galeries pour Béryl et Tourmaline ont été provisiorement stoppés, les travaux s'étant recentrés au coeur de la pegmatite, celui-ci est d'ailleurs bien dégagé maintenant. La partie Ouest est toujours sujette à quelques éboulements et laissée en réserve pour l'instant. La nouvelle galerie creusée dans le coeur de quartz/feldspath a réservée une surprise : elle a recoupée une autre galerie visiblement assez ancienne et partiellement remplie de boue, dont les creuseurs devaient chercher le Béryl puisque de gros cristaux de tourmaline ont été laissés en place sur les parrois. Un dégagement des déblais situés devant l'entrée est aussi nécessaire car ils semblent recouvrir une portion exploitable de la peg. Au fond de la tranchée d'évacuation, j'en repère d'ailleurs assez vite un affleurement et nous nous mettons à creuser.
 
     
 

Notre petit grattage évaluatif ne tarde pas à donner une petite production encourageante de jolis cristaux, même si nombre d'entres eux ne sont pas encore bien "masaka"(murs). Dans cette auréole du coeur de la peg, les cristaux sont bien plus petits qu'à l'intérieur, mais souvent de meilleure qualité avec de beaux specimens de cristaux enchevétrés et bi-terminés.

On a pas le temps de s'éterniser : les nuages s'amoncellent déjà et nous retrouvons Ambato en fin de journée, sous la pluie, of course...

Je passe les derniers jours à fureter un peu partout et trouve encore quelques lots de tourmalines et de quartz, le reste du temps se passe à nettoyer et emballer tout ça avant le retour sur Tana, par beau temps cette fois-ci !

 
     
 
Page d'accueil